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Où sont Orange et les autres ?
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Où sont Orange et les autres ?

Pourquoi les grands noms du monde des télécoms, Orange, Free, SFR, Bouygues ne proposent-ils pas leurs offres sur le réseau Rosace ?

La question est fréquente et légitime.

Pour commencer, il faut rappeler que le réseau Rosace est ouvert. Cela signifie que tous les opérateurs qui le souhaitent, indépendants ou nationaux, peuvent l’utiliser. Mais le législateur n’a jamais voulu imposer aux grands opérateurs nationaux de commercialiser leurs offres sur les réseaux d’initiative publique comme celui de Rosace. Ainsi Rosace est tel un commerçant qui propose ses produits à la vente, mais ne peut pas les imposer à quiconque.

Ensuite, il faut replacer la question dans un contexte. Lorsque la Région Grand Est a décidé de confier à une société privée le déploiement d’un réseau fibre optique en Alsace, Orange et SFR étaient candidats pour obtenir le marché. Leur offre n’a pas été retenue par les élus.

“Une attitude de bougon”

Et comme le souligne Antoine Darodes, directeur de l’Agence du numérique, lui même : “Les grands opérateurs ont toujours une attitude de bougon lorsqu’ils n’obtiennent pas un marché et rechignent ensuite à le commercialiser”. Mais Antoine Darodes dit aussi que cela ne va pas durer très longtemps et qu’ils finiront tous par commercialiser les innombrables réseaux fibre optique d’initiative publique construits en France.

Tout cela est aussi une question économique. Prenons l’exemple d’Orange. C’est l’opérateur historique, il commercialise son réseau cuivre et tous les revenus des abonnements sont pour lui. Mais lorsque le groupe Orange vend un abonnement fibre optique sur un réseau construit par d’autres que lui, il doit nécessairement reverser une partie des recettes pour l’utilisation d’infrastructures tierces.

Un choix

L’erreur pour les particuliers et les entreprises serait d’attendre de passer à la fibre optique jusqu’à l’arrivée des grands opérateurs télécoms nationaux sur le réseau Rosace. Et voici pourquoi : la seule chose qui puisse pousser Orange, Free, SFR, Bouygues à venir sur le réseau fibre optique d’Alsace est la prise de conscience qu’ils perdent des abonnés et des parts de marché.

Cette semaine lors d’une des premières réunions publiques, un habitant a résumé : “Moi, ça fait des années que je les attends. Ils n’ont jamais pris en compte notre bas débit et n’ont rien fait pour y remédier. Je ne vais avoir aucun scrupule à changer d’opérateur”.

L’Alsace s’est toujours distinguée dans l’histoire des télécommunications en refusant un état de fait défavorable et en contribuant ainsi à faire bouger les lignes. Dans les années 70, face à la mauvaise diffusion de la télévision dans certains secteurs de la région par TDF (Télédiffusion de France), des élus ont eu la bonne idée de s’engager dans la construction de réseaux câblés.

Un engagement

Avec la fibre optique il en est de même : l’Alsace prend son destin en main. Sans la mobilisation des collectivités publiques et des actionnaires privés de la société Rosace, 51 % des Alsaciens auraient été victimes de la fracture numérique. Ils n’auraient pas eu accès au Très Haut Débit. Chacun a donc tout intérêt à profiter de ce nouveau service public qui lui tend les bras en s’abonnant auprès des Fournisseurs d’Accès Internet déjà présents sur le réseau.

Certes, Comcable, Coriolis Telecom, K-Net, LA FIBRE videofutur, Vialis, Wibox, n’ont pas la notoriété et le volume de clients des opérateurs nationaux. Mais ils ont pour eux au moins deux particularités. D’abord, ils tablent sur la proximité avec des contacts directs avec la population à l’opposé des centres d’appels distants et impersonnels. Ensuite, ils s’engagent en faveur des zones rurales alors que la densité de population y est moins forte et que la possibilité de réaliser des abonnements à tour de bras y est moins grande. Là encore il faut souligner leur action, à l’opposé des opérateurs télécoms nationaux qui se concentrent souvent, financièrement et commercialement, sur les “zones denses”.

Les opérateurs indépendants font une action exemplaire d’explorateurs de nouveaux territoires des télécoms. Ils sont de la même trempe que Free il y a quelques années. Free a fait la démonstration qu’il était possible de proposer des abonnements Internet et de téléphonie mobile à moindre prix, contraignant ainsi les grands opérateurs nationaux à faire évoluer leurs tarifs à la baisse et leurs services à la hausse.

Un spécialiste alsacien des questions télécoms analyse : “En souscrivant un abonnement à la fibre optique de Rosace via Comcable, Coriolis Telecom, K-Net, LA FIBRE videofutur, Vialis, Wibox, les Alsaciens peuvent montrer que l’aménagement numérique peut être proche de la population en échappant au diktat des lois du marché et faire la démonstration que les territoires ruraux peuvent être modernes et novateurs”.

Publié le 22 juin 2017
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